Misogynie
La misogynie signifie littéralement quelque chose comme « haine des femmes », mais elle est aujourd’hui comprise plus largement comme hostilité envers les femmes, les filles et la féminité, ainsi que comme leur dévalorisation. Elle ne se manifeste pas seulement par une haine ouverte, mais aussi par des normes sociales, des institutions, des discours, des images et des comportements qui rabaissent les femmes et les personnes perçues comme féminines. La misogynie est étroitement liée au sexisme, mais elle décrit plus particulièrement la dimension hostile, punitive ou contrôlante des ordres de genre patriarcaux.
Dans un système patriarcal, la misogynie légitime et stabilise la subordination des femmes ainsi que le maintien de la domination masculine. Elle peut contribuer à limiter l’accès des femmes aux ressources, à l’argent, à l’éducation, à la sécurité, aux soins médicaux, au pouvoir politique et à l’égalité des droits. La misogynie interagit souvent avec d’autres formes de discrimination, comme le racisme, le classisme, le validisme, la transphobie ou l’hostilité envers les personnes queer. Elle touche notamment les femmes cis, les femmes trans, les femmes intersexes ainsi que les personnes non binaires ou non conformes au genre lorsqu’elles sont perçues comme femmes ou féminines et dévalorisées pour cette raison.
La misogynie se manifeste par exemple dans la distinction entre « bonnes » et « mauvaises » femmes, dans la dévalorisation de l’autodétermination sexuelle, dans l’idée que les femmes seraient moins aptes aux postes de direction, ou dans le fait de considérer comme gênants, superficiels ou inférieurs des éléments associés aux femmes et aux filles, comme le rose, le maquillage, la romance, le soin ou certains loisirs. Dans la sexualité, les rencontres et le BDSM, la misogynie peut influencer les représentations de la domination, de la soumission, de la disponibilité ou de la « vraie » féminité. Les rôles érotiques consentis doivent en être distingués ; l’essentiel est qu’ils soient négociés librement et ne reposent pas sur la dévalorisation, la pression ou l’inégalité structurelle.